Le vivant
L'acclimatation
Un poisson qui arrive du magasin a passé une heure dans un sachet dont la chimie a dérivé. La façon dont on l'introduit décide d'une partie de sa survie — et l'erreur la plus courante est d'aller trop vite.
Ne versez JAMAIS l'eau du sachet dans votre bac. Elle vient d'un bac de vente où circulent des dizaines de lots par semaine, elle est chargée en ammoniaque et elle peut porter des parasites. Le poisson passe à l'épuisette ; l'eau part à l'évier.
Ce qui se passe dans le sachet
Pendant le trajet, le poisson continue de rejeter de l'ammoniaque dans un volume d'eau minuscule. Le CO2 qu'il expire fait en même temps baisser le pH, ce qui — heureusement — rend cette ammoniaque beaucoup moins toxique.
C'est ce qui explique une contre-intuition importante : ouvrir le sachet fait s'échapper le CO2, le pH remonte, et l'ammoniaque redevient brutalement toxique. À partir de l'ouverture, l'acclimatation doit donc être menée sans traîner, en vingt à trente minutes, et non étalée sur deux heures.
La méthode, en pratique
Éteignez l'éclairage du bac : l'obscurité réduit fortement le stress et évite que les résidents ne se jettent sur le nouveau venu. Faites flotter le sachet fermé une quinzaine de minutes, le temps que les températures s'égalisent.
Ouvrez ensuite le sachet et ajoutez de l'eau du bac par petites quantités, environ un tiers du volume toutes les cinq minutes, trois ou quatre fois. Cela égalise progressivement le pH et la dureté.
Attrapez enfin le poisson à l'épuisette et déposez-le dans le bac. Jetez l'eau du sachet. Laissez l'éclairage éteint jusqu'au lendemain et ne nourrissez pas le jour même.
- Éclairage du bac éteint
- 15 minutes de flottaison, sachet fermé
- Puis ajout d'eau du bac par tiers, toutes les 5 minutes
- Passage à l'épuisette, eau du sachet jetée
- Pas de nourriture le jour de l'arrivée, lumière éteinte jusqu'au lendemain
Le goutte-à-goutte, et quand il s'impose
Pour les crevettes, les invertébrés et les poissons délicats, l'acclimatation au goutte-à-goutte est plus sûre : un tuyau d'air en siphon, avec un nœud qui règle le débit à deux ou trois gouttes par seconde, remplit lentement un récipient contenant le poisson et son eau de transport.
On triple le volume en quarante-cinq minutes environ. Les crevettes, en particulier, sont extrêmement sensibles aux écarts de GH et de conductivité : c'est le seul cas où la lenteur est vraiment payante.
Dans tous les cas, la première question reste la quarantaine : un poisson introduit directement dans le bac principal met tout le bac en jeu sur la santé d'un seul individu.
Que prendre
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Une épuisette
Deux valent mieux qu'une : on guide le poisson dans la seconde.
- Maille
- Fine et souple, sans nœuds saillants
- Taille
- Deux tailles : une grande, une petite
- Manche
- Assez long pour atteindre le fond
Inutile : Attraper un poisson à épines verrouillables — corydoras, synodontis — à l'épuisette : il s'y accroche et se blesse. Un bocal marche mieux.

Des tests d'eau en gouttes
Le premier achat, avant le bac. C'est l'appareil de mesure du cycle de l'azote.
- Format
- Gouttes, jamais bandelettes
- Mesures
- Ammoniaque, nitrites, nitrates au minimum
- Autonomie
- Plusieurs centaines de mesures
- Péremption
- Date lisible sur les flacons
Inutile : Les bandelettes multi-paramètres : elles lisent mal les nitrites dans la plage qui décide, et beaucoup ne mesurent pas l'ammoniaque du tout.
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